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Alors, ton désherbant crée-t-il des superbactéries ?

Alors, ton désherbant crée-t-il des superbactéries ?

2026-06-23T19:13:06.638526+00:00

Herbicides : un danger insoupçonné pour la lutte contre les infections ?

Le titre ressemble peut-être à celui d'un film d'horreur. Mais accrochez-vous : ce que je vais vous raconter est tout aussi flippant, sauf que c'est réel.

Des scientifiques viennent de publier des résultats qui méritent qu'on s'y attarde. Leur conclusion ? Le glyphosate — ce composé chimique qu'on trouve dans certains désherbants — pourrait faciliter le développement de bactéries résistantes aux antibiotiques. Pas juste un petit peu. On parle de résistances qui rendent certaines infections vraiment difficiles à traiter.

Le glyphosate, kézako ?

Si vous avez déjà acheté du Roundup ou un produit similaire, vous connaissez déjà. Ce désherbant existe depuis les années 1970 et fait partie des plus utilisés dans le monde. Les agriculteurs l'emploient sur leurs cultures, les professionnels du paysage pour contrôler les herbes indésirables, et les jardiniers amateurs pendant des décennies.

Petit détail irony du destin : les versions grand public du Roundup ont été reformulées récemment et ne contiennent plus de glyphosate. Mais les versions agricoles et professionnelles, elles, en contiennent encore. Du coup, quand on parle d'exposition au glyphosate, on vise surtout le monde agricole.

L'étude qui met le feu aux poudres

Des chercheurs ont voulu vérifier s'il existait un lien entre le glyphosate et la résistance aux antibiotiques. Leur approche ? Prélever des bactéries dans trois environnements complètement différents :

  • Une réserve naturelle protégée en Argentine — là-bas, aucun glyphosate n'a jamais été appliqué
  • Des fermes et des élevages locaux — là où le glyphosate est utilisé régulièrement
  • Des hôpitaux — là où les superbactéries posent un problème majeur

Ils ont testé ces bactéries contre 16 antibiotiques différents. Et aussi contre du glyphosate pur et des herbicides à base de glyphosate.

Les résultats donnent froid dans le dos

Voici le plus dingue : chaque souche bactérienne testée a montré une certaine résistance au glyphosate — y compris celles prélevées dans la réserve naturelle !

Laissez-moi répéter : ces bactéries n'avaient jamais été en contact direct avec le glyphosate. Pourtant, elles ont survécu en sa présence. Ça veut dire que la résistance à ce chimique est probablement beaucoup plus répandue dans le monde bactérien qu'on ne le pensait.

Et ce n'est pas tout. Les souches hospitalières — les fameuses superbactéries — n'étaient pas seulement résistantes aux antibiotiques. Elles l'étaient aussi fortement au glyphosate. Environ 74 % de ces bactéries hospitalières résistaient aux carbapénèmes, ces antibiotiques de dernier recours quand rien d'autre ne fonctionne.

Les gènes racontent leur histoire

Les chercheurs ont fait un truc brillant : ils ont construit un arbre généalogique de toutes les bactéries étudiées. Et devinez quoi ? Les bactéries les plus résistantes au glyphosate étaient souvent proches parentes les unes des autres, sans tenir compte de leur lieu d'origine.

Les mêmes types de bactéries résistantes apparaissaient dans les hôpitaux, les fermes et les zones naturelles préservées. Ça suggère que les gènes de résistance circulent entre ces environnements d'une façon qu'on ne comprenait pas vraiment avant.

Pourquoi ça nous concerne ?

Attention, je ne vous dis pas de paniquer ni de jeter vos produits de jardinage. Les chercheurs ne prétendent pas que vaporiser du désherbant dans votre cour va déclencher la prochaine pandémie.

Par contre, ils affirment qu'il y a un lien à mieux comprendre. Le raisonnement est le suivant :

Quand le glyphosate est utilisé dans l'agriculture, il pourrait favoriser les bactéries capables de survivre à la fois au glyphosate ET aux antibiotiques. Ces bactéries résistantes peuvent ensuite se propager via les systèmes d'eau et atteindre potentiellement les hôpitaux.

Dans les hôpitaux, l'usage massif d'antibiotiques crée une pression pour que les bactéries développent des résistances. Si des bactéries déjà résistantes au glyphosate arrivent dans cet environnement, elles ont une longueur d'avance.

Résultat : des bactéries coriaces qu'il devient très difficile d'éliminer.

Le tableau d'ensemble

Cette recherche ajoute une pièce importante à un puzzle très complexe. La résistance aux antimicrobiens cause déjà plus d'un million de décès par an dans le monde. C'est considéré comme l'une des plus grandes menaces pour la santé mondiale.

Si un chimique utilisé à une échelle massive comme le glyphosate contribue à ce problème, on se doit de le comprendre. Il ne s'agit pas de blâmer les agriculteurs ou les jardiniers. Il s'agit de prendre en compte tous les facteurs en jeu pour faire de meilleurs choix à l'avenir.

Et maintenant ?

Honnêtement, c'est un de ces sujets où la recherche soulève plus de questions qu'elle n'apporte de réponses pour l'instant. Les scientifiques eux-mêmes reconnaissent que d'autres études sont nécessaires pour comprendre tous les mécanismes en jeu.

Mais voici ce qui me rend optimiste : des chercheurs étudient activement ces liens. Plus on comprend comment la résistance aux antibiotiques se développe et se propage, mieux on sera équipé pour y faire face.

Entre-temps, si le glyphosate vous préoccupe, c'est peut-être une raison de plus pour explorer les méthodes de jardinage biologique ou de soutenir les agriculteurs qui ont recours à des approches alternatives. Chaque petit geste compte quand on parle d'un problème aussi important.

La conclusion ? La prochaine fois que vous entendrez parler de superbactéries ou de résistance aux antibiotiques, pensez au-delà de la médecine. Le problème pourrait bien pousser dans des endroits où personne ne s'attendait — comme les champs cultivés.


Source : ScienceDaily

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