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Vos ancêtres lointains consommaient des substances psychoactives il y a 25 000 ans (et ils l’auraient peut-être fait pour soulager des douleurs dentaires)

Vos ancêtres lointains consommaient des substances psychoactives il y a 25 000 ans (et ils l’auraient peut-être fait pour soulager des douleurs dentaires)

2026-09-12T09:37:33.138409+00:00

Voici un fait qui vous fera voir vos ancêtres de l’âge de pierre sous un autre angle.

Des scientifiques ont récemment découvert des preuves que les humains en Indonésie mâchaient (ou plutôt suçaient) des noix de bétel pour leurs effets psychoactifs il y a environ 25 000 ans. Non pas il y a 3 500 ans comme on le pensait auparavant. Vingt-cinq mille ans. C’est vertigineux quand on y réfléchit vraiment.

L’équipe de recherche, dirigée par le professeur Adam Brumm de l’Université Griffith, collaborait avec des archéologues indonésiens pour examiner des restes humains anciens de Sulawesi. Ils ont découvert quelque chose de particulier : deux chasseurs-cueilleurs, l’un datant d’environ 25 000 à 16 000 ans et l’autre d’environ 7 000 ans, présentaient des sillons profonds et étranges sur leurs dents. Pas l’usure habituelle due à la consommation d’aliments durs. Il s’agissait de marques arrondies et répétitives, typiques d’un geste effectué encore et encore.

Et ce geste ? Succion de noix de bétel.

Je sais ce que vous pensez. « Noix de bétel ? Ça ressemble à quelque chose d’exotique que je n’ai jamais essayé. » C’est légitime. Mais voici une anecdote pour votre prochain dîner : la noix de bétel est en réalité la quatrième substance psychoactive la plus consommée au monde, juste après l’alcool, la caféine et la nicotine. Environ une personne sur dix l’utilise aujourd’hui. Elle est très populaire en Asie du Sud et dans le Pacifique. Elle n’a simplement pas pris dans les pays occidentaux, ce qui explique probablement pourquoi la plupart d’entre nous n’en ont jamais entendu parler.

Ce qui m’a vraiment marqué dans cette découverte, c’est la méthode utilisée par les chercheurs. Ils ne se sont pas contentés d’examiner les dents et d’en rester là. Ils ont mené des expériences en faisant tremper des noix de bétel dans de la salive artificielle et en testant les résultats sur des récepteurs neuronaux humains. L’objectif ? Vérifier si la succion de noix de bétel entières (sans les méthodes de préparation élaborées utilisées aujourd’hui) produisait bien un effet psychoactif.

Et il s’avère que oui, c’était le cas.

Le composé actif de la noix de bétel s’appelle l’arécoline ; c’est lui qui procure aux utilisateurs une légère euphorie et une vigilance accrue. Habituellement, les utilisateurs modernes associent la noix à de la chaux éteinte (essentiellement des coquilles brûlées réduites en poudre) pour accélérer l’absorption. Mais apparemment, nos ancêtres n’avaient pas besoin de cette étape. Suivre les noix assez longtemps libérait suffisamment d’arécoline pour modifier le fonctionnement cérébral. Incroyable, non ?

Mais voici ce qui a vraiment retenu mon attention. Les chercheurs ont remarqué que ces anciens chasseurs-cueilleurs avaient généralement une santé dentaire très médiocre. Et l’arécoline ? Elle agit comme un analgésique naturel. Leur théorie est que les gens ont peut-être commencé à sucer des noix de bétel pour soulager les douleurs dentaires. Comme une médecine naturelle.

Le comble ? Ce qu’ils utilisaient pour se sentir mieux aggravait probablement l’état de leurs dents à long terme. Oups.

Cette découverte bouleverse complètement ce que nous croyions savoir sur l’histoire de la consommation de drogues. Pendant longtemps, l’idée dominante était que l’usage généralisé de substances psychoactives n’avait vraiment explosé qu’après l’avènement de l’agriculture. Le raisonnement était le suivant : une fois l’agriculture établie, il y avait des surplus, du temps pour expérimenter, et hop — on obtenait de la bière et d’autres substances récréatives.

Mais cette recherche suggère que nos ancêtres chasseurs-cueilleurs ne se contentaient pas de vagabonder en chassant et cueillant sans aucune aide chimique. Ils cherchaient à ressentir des effets psychoactifs des dizaines de milliers d’années avant que quiconque ne plante les premiers grains d’orge.

Je ne sais pas pour vous, mais je trouve cela étrangement réconfortant. Peut-être que chercher à modifier légèrement son état de conscience fait simplement partie de la condition humaine. Nous le faisons depuis très, très longtemps.

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