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Il y a 8500 ans, des chasseurs-cueilleurs traversaient déjà le grand océan — et c'est complètement fou !

Il y a 8500 ans, des chasseurs-cueilleurs traversaient déjà le grand océan — et c'est complètement fou !

2026-08-14T21:14:55.559820+00:00

L'île de Malte et le secret des chasseurs-cueilleurs qui n'auraient jamais dû être là

Imaginez ceci : vous êtes archéologue, vous creusez sur une île méditerranéenne, et vous tombez sur des traces de chasseurs-cueilleurs vieux de plus de 8 000 ans. Rien d'extraordinaire, dites-vous ? Sauf que... ces gens n'auraient jamais dû être là. Et surtout, ils n'auraient jamais pu survivre sans aide extérieure.

C'est exactement ce qui s'est passé à Malte. Et autant vous dire que cette histoire m'a complètement scotché.

Quand la science ne veut pas y croire

En 2019, des chercheurs ont mis la main sur des preuves plutôt convaincantes à Malte : des coquilles de repas, des outils en pierre, des os de cerfs découpés. Les datations au radiocarbone ont parlé : tout datait d'au moins 8 500 ans.

Pourquoi c'est si important ? Parce que les premiers agriculteurs connus n'ont posé le pied sur Malte qu'environ 1 000 ans plus tard. Donc pendant un millénaire entier, des chasseurs-cueilleurs vivaient sur cette île semi-aride... sans que personne ne le soupçonne.

Eleanor Scerri, archéologue à l'Institut Max Planck de Géoanthropologie, a confié à Science : « On n'y croyait pas. » Vous imaginez ? Cinq saisons de terrain supplémentaires à creuser et tester, juste pour être sûrs de ne pas délirer. C'est dire le choc.

Le casse-tête de la survie

Une fois le doute dissipé, une question restait suspendue : mais comment diable ces gens ont-ils pu survivre ?

D'abord, on se dit qu'ils ont dû traverser en bateau depuis un autre endroit — probablement la Sicile ou la Tunisie. Ça tient debout. Sauf que nous étions à la période mésolithique, environ 1 000 ans avant l'invention des voiles.

Alors traverser la mer, oui, mais dans ces conditions ? Et puis Malte, ce n'est pas exactement le paradis tropical luxuriant. L'île est semi-aride. Les ressources, limitées.

L'équipe a fait des calculs sérieux. Reconstruction des anciens niveaux marins, estimation de la « productivité primaire nette » que l'île pouvait offrir (autrement dit, combien de ressources sauvages pouvaient y pousser), distance minimum jusqu'aux populations voisines.

Et là, le verdict : pour maintenir une population pendant 1 000 ans, il fallait au moins 1 000 individus en âge de procréer. Ce qui signifie une population totale comprise entre 2 500 et 3 000 personnes.

Malte, avec ses maigres ressources, n'aurait jamais pu subvenir aux besoins d'un groupe isolé de cette taille. Point final.

Le rebondissement

Qu'est-ce que ça implique ? Les chasseurs-cueilleurs de Malte ne pouvaient pas être coincés là par accident. Le pont terrestre reliant l'île à la Sicile avait disparu sous les eaux vers 14 000 ans avant notre ère — des milliers d'années avant l'arrivée de ces gens.

Ils avaient donc dû traverser en pleine mer. Et selon cette étude parue dans PNAS Nexus, ce n'était pas qu'un seul voyage. Pour garder assez de diversité génétique et survivre sur un millénaire, ils ont dû maintenir des allers-retours réguliers entre Malte et la Sicile.

Laissez cette idée faire son chemin.

On parle de gens utilisant une embarcation rudimentaire — pirogue, radeau de roseaux — pour traverser la Méditerranée à plusieurs reprises, des millénaires avant l'invention des voiles. Ce n'étaient pas des pêcheurs côtiers qui s'aventuraient à peine hors de vue des terres. C'étaient des navigateurs.

Ce que ça change

C'est là que ça devient passionnant. Longtemps, on s'est figuré les chasseurs-cueilleurs du Mésolithique comme des gens profondément ancrés à leur terre. Ils chassaient, ils collectaient, ils se déplaçaient un peu le long des côtes. Mais traverser la mer en pleine nuit, encore et encore ? Ça devait attendre l'agriculture, puis la voile.

Sauf que Malte raconte une autre histoire. Celle de communautés connectées, liées par des routes maritimes à travers la Méditerranée, bien avant que l'agriculture ne s'implante dans la région.

Comme l'écrivent Scerri et son coauteur James Blinkhorn : « Tout cela suggère que nous découvrons peut-être un réseau jusqu'alors inconnu de liaisons maritimes, à l'origine du monde connecté que nous connaissons aujourd'hui. »

Et du coup, une question passionnante émerge : si ces chasseurs-cueilleurs ont pu atteindre Malte, où d'autre sont-ils allés ?

Ce que j'en pense

Cette découverte me laisse penser qu'il doit y avoir plein d'autres histoires « impossibles » qui attendent simplement qu'on les trouve. On a toujours supposé que le progrès technologique — agriculture, navigation, travail des métaux — permettait l'exploration et la migration humaine. Mais voici la preuve que nos ancêtres étaient bien plus capables et aventureux qu'on ne le pensait.

Peut-être qu'on devrait arrêter de décider ce que nos ancêtres ne pouvaient pas faire. Chaque fois qu'on creuse un peu plus, on découvre qu'ils faisaient des choses qu'on croyait impossibles.

La prochaine fois que quelqu'un vous dit que les anciens étaient « primitifs », parlez-lui de Malte. Il semblerait que les humains soient remarquables depuis très, très longtemps.

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