Quand le créateur du PC snobe l’IA
Ironie du sort : le monde de la tech adore citer Steve Wozniak pour vanter l’innovation pure. Pourtant, ses dernières remarques sur l’IA le placent en visionnaire... par son scepticisme.
Woz n’est pas un anti-progrès basique. Ce mec a soudé des circuits dans son garage pour inventer l’un des premiers ordinateurs personnels. Il connaît la tech comme personne. Quand il avoue être « déçu souvent » par l’IA, on a intérêt à tendre l’oreille.
Le vrai souci qu’on esquive
Imaginez : vous posez une question précise à un outil IA. Vous visez un angle bien défini. Et là, bim, un texte nickel, structuré à la perfection... qui passe à côté de tout. C’est comme demander le chemin d’un resto précis et recevoir un guide complet des meilleurs bistrots de la ville. Bluffant techniquement, nul en pratique.
Woz met le doigt sur un point clé : l’IA est trop sûre d’elle, sans être utile. Ses réponses sont lisses, parfaites, sans saveur. Or, une vraie discussion humaine est bordélique, personnelle, vivante.
L’IA et les émotions : le gros tabou
Woz aborde un sujet que les fans d’IA zappent : on ne pige pas encore la conscience humaine, les émotions, la motivation. Comment croire que l’IA va remplacer notre jugement ?
Elle excelle en patterns, en recombinaisons d’infos. Super. Mais peut-elle se soucier d’avoir raison ? Avoir un enjeu personnel ? Comprendre vos besoins et vos rêves pour vous aider vraiment ?
Pas pour l’instant. Peut-être jamais. Woz reste prudent : il ne voit pas de preuves qu’on s’en approche.
Le choc des visions
Regardez ce contraste, relevé par TechSpot :
- Le PDG de Google : l’IA surpassera internet.
- Bill Gates : aussi révolutionnaire que le microprocesseur.
- Marc Andreessen : l’IA sauvera le monde.
- Steve Wozniak : je l’utilise parfois, et ça me déçoit.
Woz ne détonne pas par manque de génie. Il teste les outils pour de vrai, pas en théorie.
Le piège du buzz
Ce qui m’agace dans le débat IA : on ne tolère pas le doute nuancé. Soit vous criez au miracle, soit vous passez pour un réac. Pas de place pour : « Utile ici, surestimé là, stoppons les discours messianiques ».
Mustafa Suleyman de Microsoft trouve les critiques « choquantes ». Mais souvent, le sceptique est le plus lucide. L’histoire le prouve.
Ce qui motive vraiment Woz
Le top dans son interview ? Il n’est pas contre le progrès. Il demande juste des preuves. « Montrez-moi que vous maîtrisez le problème avant de le résoudre. »
C’est de l’ingénierie pure, pas de l’anti-tech.
La leçon à retenir
J’aime l’humilité de Woz. Pas de triomphalisme, pas de pose de gourou. Juste : « J’ai testé, ce n’est pas si fou que ça... pour l’instant. »
C’est le retour à la réalité qu’on attend. Toute tech n’est pas l’avenir. Certaines sont de bons outils pour des tâches précises. Et ça suffit.
Le hype s’essoufflera. On verra ce que l’IA vaut vraiment. Je parie que le prudent Woz avait raison, face aux promesses de sauveur du monde.
Et si c’était ça, la vraie ironie ?
Source : https://www.techspot.com/news/111806-steve-wozniak-disappointed-lot-ai-rarely-uses.html