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Le pilote de chasse qui a percuté un rocher avant de nous parler de grosses pêches

Le pilote de chasse qui a percuté un rocher avant de nous parler de grosses pêches

2026-06-20T14:28:41.838816+00:00

L'homme le plus grand dans le ciel

Imaginez la scène : on est en pleine Seconde Guerre mondiale, quelque part au-dessus du désert libyen. Un pilote britannique de un mètre quatre-vingt-dix-huit est coincé dans un petit biplan, le Gloster Gladiator. Ce zinc avait été conçu pour des gens normaux, alors notre ami Roald avait littéralement la tête à l'air libre. Dans le vent. Au-dessus du pare-brise. Comme un périscope.

Si on me demandait de définir « une position de combat vulnérable », je ne ferais pas mieux que « piloter un avion lent avec la figure complètement exposée aux tirs ennemis ».

Mais c'est exactement ce qu'il a fait. Et honnêtement, ça donne le ton pour toute sa vie.


Quand votre visage traverse le tableau de bord

Là, les choses deviennent vraiment dingues. Lors d'une mission pour transporter des documents classifiés, Dahl s'est perdu. Le soleil s'est couché. Son carburant s'est épuisé. Il descendait, descendait, jusqu'à ce que — scratch — son fuselage heurte un rocher.

L'impact a enfoncé son nez dans sa figure. Son crâne s'est fracturé. Le sang a coulé, chaud et épais.

Cette description vient du podcast d'Aaron Tracy, et sincèrement, ça ressemble à quelque chose sorti d'un de ses propres livres. Ce qui, si on y réfléchit, est justement le problème.

D'une façon ou d'une autre, cet homme s'est extrait de l'épave en flammes. Ses vêtements brûlaient. Son avion continuait de tirer ses mitrailleuses (ne me demandez pas comment, la guerre c'est bizarre). Et il a rampé. Juste assez loin pour survivre.

Je ne crois pas au destin, mais quand même. C'est un peu trop pour une coïncidence.


Du chasseur à l'agent secret

Après des mois de convalescence — خلالها où il a géré des douleurs intenses et des évanouissements réguliers — Dahl est revenu au vol. Il s'est battu en Grèce. Il a continué.

Mais finalement, la RAF l'a réaffecté à quelque chose de complètement différent : l'espionnage.

Dahl est devenu un espion pour British Security Coordination, ce qui voulait dire essentiellement aller à des soirées mondaines en Amérique, écouter les ragots, et faire son rapport. Imaginez un ancien pilote de chasse immense et balafré qui essaie de se fondre dans une dîner new-yorkais. « Alors, qu'est-ce que vous pensez de l'effort de guerre ? clin d'œil »

Son job, c'était de jauger le sentiment américain et de fouiner pour connaître les plans d'après-guerre. Pas exactement James Bond, mais bon, ça le gardait dans le jeu.


D'où venait cette noirceur

Ce qui me fascine le plus dans la transformation de Dahl, de pilote à auteur pour enfants : la guerre n'a pas simplement interrompu sa vie. Elle a bâti son imagination.

Son biographe Donald Sturrock souligne que la violence qu'il a vécue a directement influencé son écriture. Dans ses histoires, les confrontations violentes changent littéralement le corps des personnages. Réfléchissez-y la prochaine fois que vous lirez comment Augustus Gloop se fait aspirer dans un tuyau de chocolat ou la Machine à Fesser dans Matilda.

Dahl a aussi développé une méfiance profonde envers l'autorité pendant la guerre. Et où est-ce qu'on la retrouve ? Dans livre après livre, où les adultes sont cruels, corrompus, ou juste complètement stupides — et où les enfants ont toujours, toujours leur vengeance.

Vous vous souvenez dans James et la grosse pêche géante quand James écrase ses tantes abusives avec un fruit colossal ? La version originale, hein. Avant que Disney ne l'adoucisse.


La vérité qui dérange

Maintenant, je ne peux pas écrire sur Dahl sans aborder quelque chose d'important, parce que faire semblant que ça n'existe pas serait une forme de malhonnêteté à part entière.

Roald Dahl était antisémite.

Ses opinions ont émergé publiquement dans les années 1980, et il a persisté dedans dans les interviews. Ce n'est pas de l'histoire ancienne ni une mauvaise interprétation. Il a dit ce qu'il a dit.

Une nouvelle pièce de Broadway appelée « Giant » explore ces contradictions — l'antisémitisme, les préjugés raciaux, le traitement des femmes dans des livres comme Les Sorcières. Et je pense que c'est exactement ce qu'on devrait faire. Pas effacer Dahl, mais s'asseoir avec l'inconfort.

Parce que voilà : l'homme qui a écrit Matilda, la petite fille qui aime les livres et vainc une directrice monstrueuse, était aussi quelqu'un qui faisait des généralisations cruelles et sans fondement sur les personnes juives. Ces deux choses sont vraies à propos du même être humain.

C'est inconfortable. Ça devrait l'être.


Alors, on fait quoi avec ça ?

Honnêtement ? Je n'ai pas de réponse propre.

J'ai grandi avec les livres de Dahl. Le BFG m'a fait pleurer. Les Twits m'a fait hurler de rire. * Charlie et la Chocolaterie * est littéralement parfait, venez me contredire.

Mais je ne peux pas séparer l'art de l'artiste quand l'artiste a été aussi explicite sur ses préjugés.

Ce que je peux faire, c'est reconnaître la complexité. Lire les livres tout en parlant de qui les a écrits. Laisser les enfants découvrir la magie tout en leur apprenant que des écrivains brillants peuvent avoir des croyances laides.

Dahl lui-même apprécierait probablement ce genre de franchise. Ses livres ne tapent jamais à côté, après tout.

Peut-être que le meilleur hommage à son œuvre, c'est d'aborder son héritage comme on aborde ses histoires : les yeux ouverts, le sens de l'humour, et la compréhension que le monde est rarement aussi simple que les gentils contre les méchants.

Même quand on aimerait bien que ce le soit.

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