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Le train de luxe du Nevada qui a déraillé… sans laisser de suspects

Le train de luxe du Nevada qui a déraillé… sans laisser de suspects

2026-07-03T03:20:52.320170+00:00

Le train de tous les cauchemars

Imagine la scène : on est le 12 août 1939. Tu es installé dans un wagon-restaurant ultra-chic, celui qu'on surnomme The City of San Francisco. Un verre de cognac à la main, le ventre bien rempli. Dehors, le désert du Nevada défile à une vitesse folle. Tu as la clim (oui, en 1939, c'était déjà something!), une radio qui ronronne dans ta cabine, et tu as déboursé l'équivalent de plus de 2000 dollars pour ce billet. Le rêve, quoi.

Sauf que... tout dérape.

D'un coup, les verres tremblent. Les bouteilles tombent. Quelqu'un se retrouve catapulté hors de son siège. Puis — blackout total.

Ce qui suit reste l'un des crashs de train les plus mystérieux de l'histoire américaine.

Un palais sur rails qui vire au cauchemar

The City of San Francisco, c'était pas un train comme les autres. On parle d'un truc d'un quart de mile de long, décoré de fresques criardes représentant les monuments de San Francisco — jaunes, oranges, rouges, bref, du très seventies mais en 1939.

À l'intérieur ? Du velours partout. La climatisation. L'eau chaude ET froide. Un vrai salon de coiffure. Des petites antennes pour capter la radio. La pub promettait qu'on filait de Chicago à Oakland en moins de 40 heures. À une époque où l'avion faisait encore flipper tout le monde, c'était le summum du raffinage.

Du coup, quand F.S. Foote — un type de Berkeley, en Californie, qui-bossait chez IBM à New York — est monté dans ce train un soir d'août, il devait se sentir drôlement chanceux. Vacances de onze jours sur la Côte Ouest, retour au bercail, le moral au top.

Sauf qu'il avait un mauvais pressentiment. Quelque chose de bizarre, comme un sixième sens qui lui murmurait que ça allait mal tourner.

Des fois, le ventre sait avant le cerveau.

Le moment où tout pète

21h30. Le train file devant Carlin, dans le Nevada, direction un pont qui enjambe le canyon de la Humboldt River. Le mécanicien, Ed Hecox, pousse à fond les gaz — environ 145 km/h — pour rattraper le retard. On est déjà thirty minutes derrière l'horaire.

En regardant par sa fenêtre, Hecox repère un truc bizarre : une boule d'herbes qui roule devant lui dans le désert. Les tumbleweeds, c'est pas rare dans le Nevada, mais celui-là avait une couleur étrange. En août, tout devrait être brun et sec.

Il n'a pas le temps d'y réfléchir. Le train tangue. Les lumières s'éteignent.

Plus tard, Hecox a raconté ce qu'il a vécu à une société historique :

« Quand le moteur s'est arrêté, j'ai couru vers l'arrière. Tout ce que j'entendais, c'étaient les cris et les gémissements des blessé·es et des mourant·es. Il y avait de la poussière, pas de vent, et la poussière retombait partout. Je ne voyais aucune personne vivante. »

Tu arrives à visualiser ça ? Courir dans le noir, entouré·es de souffrance, sans pouvoir distinguer une seule âme ?

Ce qui clochait (et ça fait froid dans le dos)

Voici ce qui me trouble le plus dans cette histoire : les enquêteurs ont trouvé des preuves de sabotage. Les rails avaient été trafiqués volontairement. Cette « boule d'herbes » aperçue par Hecox ? C'était probablement un morceau du matériel de sabotage, peut-être une clé ou un outil posé là, capté par le faisceau des phares.

Le train roulait à 145 km/h, mais même à la vitesse légale de 100 km/h, percuter des rails sabotés aurait été un désastre. C'était pas un accident qui attendait de se produire. Quelqu'un l'a provoqué.

Et là, ça devient vraiment flippant : plus de mille pistes ont été explorées. Mille ! Les journaux ont braillé l'affaire dans tout le pays. Tout le monde voulait des réponses. Comment quelqu'un a pu faire ça ? Pourquoi ? Qui ?

Jamais personne n'a trouvé.

L'hôpital qui n'avait plus de lits

Vingt-quatre personnes sont mortes dans ce crash. Cent vingt-et-un survivant·es ont été transportés en urgence à l'hôpital général d'Elko, où — et ça me serre le cœur — il n'y avait tout simplement pas assez de lits. certain·es ont fini par terre.

Et tiens-toi bien : le président de Standard Oil — l'un des hommes les plus riches d'Amérique, celui qui pouvait clairement se payer le billet le plus luxueux du train — s'est retrouvé à même le sol de l'hôpital, tandis que des porteurs étaient allongés dans les lits à côté de lui. La richesse pouvait t'offrir une expérience de luxe, mais pas une place garantie aux urgences.

C'est pas dingue ? Tout l'argent du monde, des cabines de première classe, le train le plus moderne de l'époque... et nada. Quand quelqu'un a décidé de jouer aux dieux avec ces rails, rien de tout ça comptait.

L'enquête qui n'a jamais abouti

Alors voici ma question, et j'y pense depuis que je suis tombé sur cette histoire : que s'est-il passé ? Qui était responsable ?

Réfléchis. Saboter un train en 1939, c'était pas exactement un truc facile. Il fallait connaître les horaires. Avoir accès aux voies. Travailler sans être vu, en plein désert du Nevada, et faire croire à un accident.

C'est pas le genre de truc qu'un·e déséquilibré·e fait sur un coup de tête. C'est planifié. C'est délibéré. C'est personnel.

Un·e employé·e mécontent·e ? Quelqu'un qui en voulait à la compagnie de chemins de fer ? Un·e concurrent·e qui voulait nuire à la réputation du train ? Ou quelque chose de plus sombre qu'on n'a même pas imaginé ?

On ne le saura probablement jamais. Et honnêtement ? C'est ce qui fait que cette histoire me hante. On vit à une époque où on pense pouvoir résoudre n'importe quoi avec assez de technologie et de détective, et pourtant, 85 ans plus tard, on n'a toujours pas de réponses sur qui a assassiné deux dizaines de personnes dans un train appelé City of San Francisco.

Parfois, le passé garde ses secrets.

Pourquoi cette histoire compte encore

Je raconte des histoires comme celle-ci parce qu'elles nous rappellent que l'histoire, c'est pas juste des dates et des noms dans un manuel. De vraies personnes — avec des familles, des futurs, des rêves comme les nôtres — sont montées dans ce train en espérant de l'aventure et du confort. À la place, elles ont eu une tragédie.

Et quelque part, celle ou celui qui a fait ça a vécu le reste de sa vie sans jamais affronter la justice. Vingt-quatre familles n'ont jamais eu de conclusion. Les survivant·es ont porté ce trauma jusqu'à leur dernier souffle.

C'est lourd pour un billet de blog sur un crash de train, je sais. Mais je pense que ces histoires comptent. Elles nous rappellent de serrer nos proches, d'apprécier les jours ordinaires, et de ne jamais tenir la sécurité pour acquise — même quand on sirote du cognac dans un wagon de luxe.

La prochaine fois que tu montes dans un train (ou un avion, ou un bus, ou vraiment n'importe quoi), prends un moment pour apprécier le fait que des milliers de personnes bossent dur pour t'amener à bon port. Tout le monde dans l'histoire n'a pas eu cette chance.


Cette histoire s'inspire de reportages parus dans Popular Mechanics. Si tu veux creuser davantage l'histoire des trains américains et des catastrophes de transport, jette un œil à l'article original ici.

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