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Les revenants de Franklin rentre enfin au bercail

Les revenants de Franklin rentre enfin au bercail

2026-09-12T21:05:11.627496+00:00

L'expédition Franklin : quand la science redonne des noms aux morts

Je veux te parler d'une des affaires les plus déchirantes de l'histoire de l'exploration — et de comment la science ramène enfin ces marins chez eux.

Imagine la scène. 1848. Deux immenses navires britanniques, l'Erebus et le Terror, coincés dans les glaces de l'Arctique. Ils sont bloqués depuis presque deux ans. Environ 105 hommes encore en vie, affamés, gelés, à bout. Ils finissent par abandonner les vaisseaux. Ils traînent des canots sur la glace. Ils cherchent à rejoindre la côte.

Personne n'y arrivera.

C'est l'expédition Franklin. Et ça fait plus de cent cinquante ans que cette histoire hante les historiens et les archéologues. On a trouvé des restes au fil du temps. Mais identifier qui étaient ces types ? Presque impossible sans la science moderne.

Un corps qui pose problème

Et là, ça devient intéressant.

En 1859, on découvre un corps avec des documents belonging à un certain Harry Peglar. Dont les fameuses « Papiers Peglar » — qui contiennent de la poésie et des descriptions de ce qui s'est passé pendant l'expédition. Pour les historiens, c'était une vraie mine d'or. Les écrits de cette époque sont extrêmement rares.

Mais il y avait un hic. Les effets personnels sur le corps ne correspondaient pas au rang de Peglar, qui était capitaine de la mature avant. Pendant 166 ans, les experts ont débattu : est-ce vraiment Harry Peglar, ou quelqu'un d'autre ?

La réponse ? C'était bien lui. Et une équipe de chercheurs de l'Université de Waterloo vient de le prouver grâce à l'ADN.

La science redonne des visages

Les chercheurs ne se sont pas arrêtés là. Ils ont identifié quatre marins au total :

  • Harry Peglar, du HMS Terror (retrouvé à 130 kilomètres des autres)
  • William Orren, David Young et John Bridgens, du HMS Erebus

Les quatre sont morts en tentant de fuir après avoir abandonné les navires. Et voilà ce qui m'a frappé : trois d'entre eux ont survécu aux trois premières années de l'expédition avant de mourir. Ce ne sont pas des types morts au début du voyage. Ce sont ceux qui ont tenu le plus longtemps.

« Leurs identités confirment que les trois ont survécu aux trois premières années de l'expédition et faisaient partie des marins qui ont finalement tenté de fuir l'Arctique après avoir abandonné les navires pris dans la glace. »

Cette phrase m'a secoué. Trois ans dans cet enfer glacial. Et ils continuaient à se battre pour vivre.

Le journaliste de la BBC qui a retrouvé son propre ancêtre

Bon, voilà la partie qui m'a fait pousser un cri.

Parmi les marins identifiés, il y avait John Bridgens. Et il se trouve qu'un journaliste de la BBC nommé Rich Preston est son descendant direct.

Tu imagines ? Travailler sur les histoires de familles, et découvrir que la tienne a l'une des tragédies les plus célèbres de l'histoire de l'exploration ?

« Quand le Dr Stenton m'a contacté... quelle énorme surprise d'apprendre que mon ADN correspondait à l'un des marins de la malédiction expedition Franklin. »

Rich Preston présentait une émission de généalogie. Maintenant, il a la meilleure histoire de famille qui soit — et il n'en avait aucune idée.

Comment fonctionne le matching ADN ?

Pour ceux qui se demandent (j'étais curieux aussi !), voilà ce que les chercheurs ont fait :

Ils ont prélevé de l'ADN sur les restes osseux et l'ont comparé avec l'ADN mitochondrial (transmis par les mères) et l'ADN du chromosome Y (transmis par les pères) de descendants vivants. Pour les quatre nouvelles identifications, ils ont trouvé ce qu'on appelle une « distance génétique de zéro » — c'est le match parfait.

Mais il y a une condition : les descendants doivent avoir une lignée généalogique ininterrompue. Ça veut dire une descendance directe maternelle ou paternelle jusqu'aux années 1840. Les chercheurs cherchent encore d'autres descendants qui pourraient fournir des échantillons.

Pourquoi c'est important

Écoute, je sais que ça ressemble à une histoire de science et d'archéologie comme les autres. Mais réfléchis à ce que ça veut vraiment dire.

Pendant plus d'un siècle, ce n'étaient que des os anonymes. Maintenant, ils ont des noms. Les familles peuvent savoir ce qui est arrivé à leurs ancêtres — où ils sont morts, avec qui. C'est une clôture pour des gens qui n'ont jamais eu de réponses.

Et pour nous ? C'est un rappel qu derrière chaque tragédie historique, il y avait de vraies personnes avec de vrais espoirs et de vraies peurs. Harry Peglar écrivait de la poésie dans ses derniers jours. John Bridgens avait un arrière-arrière-arrière-petit-fils qui finirait par travailler à la BBC.

Ce ne sont plus des fantômes. Ils sont enfin rentrés chez eux.

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