Le grand retournement qu’on n’attendait pas
On croit souvent comprendre comment le jeûne fonctionne. Puis la recherche remet tout en question. Pendant longtemps, on a pensé que le principal effet était de brûler les graisses. En réalité, les changements les plus intéressants pour la santé n’apparaissent qu’après plusieurs jours.
Une étude qui suit le corps à la trace
Des chercheurs de l’université Queen Mary de Londres ont voulu voir ce qui se passe vraiment à l’intérieur du corps pendant un jeûne d’une semaine. Ils ont suivi douze personnes en bonne santé qui n’ont bu que de l’eau pendant sept jours. À l’aide de technologies avancées, ils ont mesuré près de 3000 protéines dans le sang. Ces protéines agissent comme des indicateurs qui révèlent ce qui se passe dans les organes et les tissus.
Les deux premiers jours : rien de spécial
Au début, le corps s’adapte. Il passe du glucose aux graisses comme source d’énergie. Les participants ont perdu environ 5,7 kg durant la semaine, dont une partie de muscle. Mais dès qu’ils ont recommencé à manger, la plupart de ces muscles sont revenus en trois jours. Le corps évite de se dégrader durablement.
À partir du troisième jour : les vraies surprises
C’est à ce moment que tout change. Plus d’un tiers des protéines suivies ont montré des modifications importantes. Elles n’ont pas évolué lentement. Elles ont basculé après quelques jours sans nourriture.
Parmi ces changements, on a observé des effets sur la matrice extracellulaire, cette structure qui soutient les tissus et les organes, y compris le cerveau. Le corps semble donc modifier la façon dont il protège et organise ses cellules nerveuses.
Pourquoi ces résultats comptent
Ces modifications ont été liées à une baisse de l’inflammation, à une meilleure régulation du métabolisme et à un soutien possible des fonctions cérébrales. Autrement dit, certains bénéfices du jeûne ne se manifestent qu’à partir du troisième jour. Les jeûnes courts, comme ceux qui üblicherweise sont utilisés dans l’intermittence, n’offnen peut-être pas tous les avantages attendus.
Et maintenant ?
La recherche ouvre la voie à des médicaments qui pourraient reproduire ces effets sans obliger à jeûner. On pourrait ainsi obtenir certains bénéfices du jeûne par voie pharmacologique. C’est une piste prometteuse.
Faut-il essayer ?
Bien sûr, le jeûne prolongé n’est pas pour tout le monde. Il faut en parler à un médecin. Mais cette étude montre que le corps ne se contente pas de brûler des graisses. Il organise une véritable restructuration interne. Et cette restructuration prend du temps.