Le brouillard qui respire
Le brouillard de La Brume de Stephen King cache des monstres. Dans la vraie vie, il cache autre chose : des bactéries qui vivent vraiment dedans.
Une équipe de l'université d'État d'Arizona vient de montrer que les gouttelettes ne sont pas seulement de l'eau. Elles abritent des microbes actifs. Pas de créatures géantes, mais un petit monde qui respire et se nourrit.
Ce qu'on respire vraiment le matin
Les chercheurs ont prélevé du brouillard en Pennsylvanie pendant deux ans. Résultat : environ 1 % des gouttelettes contiennent des bactéries. Un pour cent paraît peu. Sauf qu'une seule nappe de brouillard contient des milliards de gouttelettes. Au final, la concentration microbienne rejoint celle de l'eau de mer.
Le brouillard qui traverse votre ville transporte donc autant de microbes qu'un océan.
Les bactéries mangent la pollution
Parmi ces microbes, on trouve des methylobacteria. Elles consomment le formaldéhyde, un polluant issu de la réaction entre le méthane et la lumière du soleil. Ce gaz abîme la couche d'ozone et irrite les poumons.
Les chercheurs ont comparé l'air avant et après le passage du brouillard. Les populations de methylobacteria augmentaient. Au microscope, les cellules grossissaient et se divisaient. Elles utilisaient le formaldéhyde comme source d'énergie. En clair, elles nettoient l'air en se nourrissant.
Un écosystème temporaire
Le brouillard n'est donc plus seulement un phénomène météo. C'est un habitat éphémère. Les bactéries y trouvent peut-être un abri contre les UV ou un moyen de transport plus sûr que la poussière. Elles ont trouvé leur place et elles l'exploitent.
Ce qui reste à comprendre
Les scientifiques restent prudents. Trois points restent flous :
- Les microbes côtiers ne suivent pas les mêmes règles que ceux des terres intérieures.
- La nuit, sans soleil, leur activité est encore mal connue.
- Les concentrations varient beaucoup selon les lieux et les conditions ; on ne sait pas encore tout expliquer.
Ce qu'on retient
Le brouillard de King terrifiait parce qu'il cachait des monstres. Le vrai brouillard intrigue parce qu'il abrite une vie microscopique qu'on ignorait. Et cette vie, au lieu de nous attaquer, réduit un peu notre pollution.
La nature continue de nous surprendre, même à quelques centimètres de notre visage. La prochaine fois que vous roulez dans le brouillard, rappelez-vous : vous n'êtes pas seul. Des milliards de bactéries discrètes mangent le formaldéhyde pendant que vous conduisez.